St Thomas d'Aquin de 1833 à nos jours

Installés provisoirement au Petit Perron en 1833 avec 12 élèves, puis au Grand Perron en 1834 , et enfin en 1836 à Oullins, dans l’ancienne maison de campagne des archevêques de Lyon au XVIIIè siècle, nos pères fondateurs, Mgr Dauphin, les abbés Chaine, Lassalle, Lacuria adhéraient pleinement au catholicisme libéral de Lamennais, Lacordaire et Montalembert, qui avaient pour devise « Dieu et la liberté ». Pour eux comme pour nous, cette liberté des enfants de Dieu passait par la liberté de l’enseignement qu’ils défendirent lors du retentissant procès de l’Ecole Libre en 1831.

Nos pères fondateurs, à la fois attachés aux traditions et hommes de progrès, souhaitaient « faire rayonner la foi au Christ sur toutes les branches du savoir humain » et « former certes des hommes de savoir, mais avant tout des hommes de bien », dans un établissement scolaire qui ne fut pas un séminaire. Ils refusaient déjà la tyrannie des programmes officiels et revendiquaient la liberté de méthode pour le maître. Dans leur plan d’enseignement rédigé en 1838, ils subordonnaient l’instruction à l’éducation qu’ils souhaitaient « religieuse, paternelle et positive ». Religieuse, elle l’était par l’enseignement, par l’exemple, par les exercices religieux répartis avec une sage discrétion (la messe n’était obligatoire que le jeudi et le dimanche). Liés à Frédéric Ozanam et au catholicisme lyonnais attentif à la question sociale, les pères fondateurs encourageaient chez leurs élèves l’exercice personnel de la charité par le biais d’une association qui devint plus tard la conférence de St Vincent-de-Paul. Paternelle, l’éducation donnée à Saint-Thomas d’Aquin, l’était dans sa pratique. Les maîtres assuraient et l’enseignement et la surveillance aux repas ; ils présidaient chacun une table de 15 élèves. Pendant les grandes vacances, ils organisaient des caravanes scolaires qui partaient à la découverte de l’Europe.

Positive, l’éducation à Saint-Thomas l’était par l’intérêt porté aux sciences, aux langues vivantes comme l’anglais, l’allemand. A une époque où le même professeur enseignait toutes les matières sur un seul niveau de classe, ils préférèrent des enseignants spécialisés dans une branche du savoir et s’adressant à plusieurs niveaux. De plus, pour stimuler leurs élèves, ils appréciaient l’application et la conduite de chacun en elle-même et non pas en comparaison aux autres.

Enfin, avant le vote de la loi Falloux en 1850, Saint-Thomas était l’un des rares collèges libres de plein exercice, c'est-à-dire ayant le droit de présenter des élèves au baccalauréat. On comprend dès lors que ce privilège et l’originalité des méthodes employées faisaient de Saint-Thomas un établissement très recherché où entre autres de nombreux Provençaux à l’instigation de V. de Laprade venaient faire leurs études.

Après vingt années de travail et de lutte, en 1852, Mgr Dauphin, les abbés Chaine et Bourgeat n’ayant pu fonder une congrégation de prêtres enseignants, transmirent le collège au Père Lacordaire, restaurateur de l’ordre dominicain en France, plus proche de leur idéal que les pères Jésuites qui leur avaient fait pourtant des offres intéressantes.

Pour assurer la continuité de l’œuvre éducative, le P.Lacordaire fonda à cette occasion le Tiers-Ordre Enseignant de St Dominique dont les quatre premieres recrues furent deux professeurs de Saint-Thomas : les abbés Mermet et Cédoz, et deux anciens élèves, professeurs eux-aussi, les abbés Captier et Mouton. De 1852 à 1957, date de leur intégration complète à l’ordre de Saint-Dominique, les dominicains enseignants avec l’aide de laïcs, de religieuses, de prêtres séculiers, , animèrent et dirigèrent quinze collèges, en particulier et par ordre de fondation ou de prise en charge :

-Saint-Thomas d’Aquin, Oullins, 1852, -Sorèze, Tarn, 1854, fermé en 1991,
-Albert-le-Grand, Arcueil, près de Paris, 1863, fermé en 1903,
-Saint-Elme, Arcachon, 1872,
-Champittet, près de Lauzanne, 1903,
-Lacordaire, Marseille, 1918,
-Saint-Dominique, Coublevie, 1939, fermé en 1956.

L’éducation dominicaine puisera abondamment dans le riche héritage éducatif des fondateurs d’Oullins, complété par les traditions de Sorèze, par les idées pédagogiques et éducatives du P.Lacordaire, par le charisme éducatif de Saint Dominique et de l’ordre dominicain : la recherche de la Vérité, la conquête d’une liberté responsable, la pratique de la Miséricorde, l’alliance de la Foi et de la Science.

Le Père Captier (1829-1871), originaire de Tarare, ancien élève, professeur et prieur de Saint-Thomas (1857-1863), fondateur et prieur d’Arcueil (1863-1871), sut faire une éclatante synthèse de cette éducation propre aux collèges dominicains. Pédagogue et éducateur apprécié par tous, il siégea à la Commission pour la loi sur l’Enseignement Supérieur et au Conseil Supérieur de l’Education Nationale. Pris en otage par la Commune de Paris avec douze religieux, maîtres et domestiques du collège d’Arcueil, il mourut avec eux en martyr de la foi le 25 Mai 1871, 38, avenue d’Italie.

Nous lui devons la construction du bâtiment à galeries qui porte son nom, ainsi que la chapelle. Pour la bâtir, il fit appel à la remarquable équipe d’artistes lyonnais, profondément chrétiens qui marquèrent le XIX è siècle dans notre région :

-Pierre Bossan, l’architecte de Fourvière,
-Paul Borel, ancien élève, bienfaiteur de l’Ecole, le peintre d’Ars et de notre chapelle, président des anciens élèves (1883-1913),
-Charles Dufraisne, le sculpteur,
-Armand Caillat, l’orfèvre,
-Razuret, le décorateur.

Avec les premières lois laïques de 1880, les Pères abandonnent l’habit blanc puis vendent la propriété et son mobilier en 1883 à la société anonyme de l’Ecole Saint-Thomas d’Aquin, composée d’anciens élèves. Cette dernière assure aussi la gestion matérielle de l’Ecole.

Grâce à sa bonne gestion et sur la demande des prieurs Crapelet et Martin, la société anonyme construit le préau des Grands (1890), le Pavillon des Sciences (1892) et le Pavillon des Arts (1896), dus à l’architecte Sainte-Marie Perrin, le deuxième architecte de Fourvière, beau-père de Paul Claudel. Un orgue est installé à la chapelle par la maison Merklin. En 1891, notre établissement accueille le chapitre général des dominicains qui voit l’élection du 75 è maître général de l’Ordre, le P. Frühwirth. Le P.Cormier, futur maître général de l’ordre tenait les orgues de la chapelle.

Durant cette période, les effectifs augmentent, les résultats scolaires sont excellents et de nombreux élèves préparent et intègrent les grandes écoles. En 1886, on célèbre avec éclats le cinquantenaire de la maison par une médaille réalisée par A.Poncet et un livre dû au P.Régnier, ancien élève.

A la suite de la loi du 1er Juillet 1901 sur les associations, les dominicains enseignants doivent demander l’autorisation… d’enseigner. Elle leur est refusée. Ils quittent donc Oullins en juillet 1903 après des adieux émouvants. Avec un certain nombre de maîtres et d’élèves, ils s’expatrieront en Suisse où ils fondent le collège de Champittet à côté de Lauzanne, qu’ils cèderont aux chanoines du Grand Saint-Bernard en 1950.

La société anonyme, à la demande du diocèse de Lyon, confie la direction du collège à l’abbé Beausoleil. Mais les effectifs baissant régulièrement et mettant en péril l’équilibre financier de la société, les bâtiments sont loués de 1906 à 1928 au petit séminaire Notre-Dame de l’Argentière, chassé d’Aveize où il était installé depuis un siècle. Dans le même temps (1903-1909), la société anonyme soutient un procès contre le liquidateur des biens des dominicains enseignants. Ce dernier ne voulait voir en elle qu’un prête-nom des congréganistes. Grâce à sa bonne foi soutenue par des archives comptables et administratives bien tenues et authentiques, la société anonyme gagne son procès en Cour de Cassation.

En 1914, ayant répondu présents à l’ordre de mobilisation, les dominicains enseignants se sentent le droit moral le plus strict de rester en France après la guerre. En attendant de reprendre leurs anciens établissements, ils créent l’Ecole Lacordaire à Marseille en 1918. Le Père Audouard, ancien élève d’Oullins, en est la cheville ouvrière. Grâce aux actives démarches et aux indispensables aides financières des Anciens Elèves, les dominicains reviennent à Saint-Thomas en 1928.

Sous la direction des Pères Testenoire, Lesimple, Finaz, Mayrand, le collège se développe. Durant la guerre de 1939-1940, les bâtiments sont réquisitionnés pour servir d’hôpital complémentaire des armées. Le P.Mayrand installe une partie des élèves au château de Corcelles (Ain) tandis que le P.Finaz ouvre une annexe à Saint-Genis-Laval au 118, avenue Clémenceau. En juin 1940, le collège est libéré et les activités scolaires peuvent reprendre leur cours malgré les restrictions de cette période. Un certain nombre de prisonniers évadés, de réfractaires au S.T.O. et même un collaborateur du chancelier autrichien Schuschnigg trouvent refuge à Saint-Thomas. Durant les combats d’Oullins (27 août-5 septembre 1944), le collège sert de poste central de secours placé sous la direction du docteur Bertholley, ancien élève.

Entre 1942 et 1944, au péril de sa vie, le P.Mayrand, prieur et directeur, cache et sauve de la mort une quarantaine d’enfants juifs. La médaille des Justes de Yad Vashem lui a été décernée à titre posthume en 1990. Une émouvante cérémonie du souvenir réunit la Communauté Educative de Saint-Thomas en 1991.

Après la guerre, le collège comme la plupart des maisons d’éducation change progressivement. Les internes sortent le dimanche et ne forment plus que la moitié des élèves. Un car de ramassage amène les demi-pensionnaires des Brotteaux et d’Ainay. Le collège commence à s’ouvrir au recrutement local au risque de perdre sa réputation de « collège le plus chic de Lyon »… Dominicains et maîtres laïcs animent des activités périscolaires variées : Conférence Saint-Vincent-de-Paul, alphabétisation des Nord-Africains, scoutisme (scouts marins du Père Rambaud), sociétés littéraires (l’Athénée) sous l’égide du Père de Rocquois, sports avec l’USSTA, animée par le Père Borel, théâtre avec le Père Eon, visites d’usines, camps de vacances avec les Pères Revol et Rambaud, M.Milocco, séjours et voyages à l’étranger, initiation musicale avec le P.Laxague et Mlle Chesnard.

En juillet 1961, l’établissement signe un contrat d’association avec l’Etat. Sous la direction des Pères Laxague (1953-1966), Montserret (1966-1974) et Rambaud (1974-1985), de Ph.Blanc (depuis 1985), le collège prend progressivement l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui. La fermeture du petit collège (primaire) entre 1962-1965 permet une croissance spectaculaire du secondaire qui passe de 300 élèves en 1964 à 2250 élèves en 2008, sans nuire aux quatre établissements catholiques voisins. Plusieurs phénomènes expliquent cela :

-l’urbanisation rapide d’Oullins, de Saint-Genis-Laval et des communes du Sud Ouest de Lyon, au cours des ces dernières décennies,
-la volonté des responsables de Saint-Thomas de répondre aux besoins scolaires du secteur,
-des tarifs plus accessibles grâce au contrat d’association et aux bourses internes à l’établissement,
-l’ouverture des études secondaires à toutes les couches de la société par l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans,
-la mise en place des transports scolaires subventionnés par le Conseil Général du Rhône (16 cars de ramassage),
-la mixité démarrée en 1967 en lycée, avec 24 courageuses lycéennes,
-la fusion avec le cours Veritas des sœurs dominicaines (Montée de Choulans, Lyon Vè) qui réalise une mixité complète de la sixième à la terminale en 1969,
-l’ouverture d’un deuxième collège (annexe d’Oullins), à Saint-Genis-Laval, en 1970, chez les Frères Maristes dans leur belle maison du Montet,
-l’ouverture de classes pré-professionnelles, en collège et de classes technologiques (secrétariat et comptabilité-gestion), en lycée ( 1976) et en BTS (1989),
-la fusion avec le collège du Laud (ancien Pensionnat de la Sainte-famille), à Mornant en 1989, à la demande du diocèse de Lyon,
-l’ouverture d’un deuxième lycée (annexe d’Oullins) sur le site de Mornant, en 2004.
Cet accroissement des effectifs est rendu durable par la qualité de l’enseignement, par l’investissement des enseignants des éducateurs, des responsables et du personnel, par des exigences certaines de travail et de discipline qui n’interdisent par la bienveillance, par les excellents résultats aux examens, par des activités para-scolaires multiples, par l’importance accordée à l’ouverture à l’international (échanges, voyages culturels, séjours, sections européennes), par la place réservée à la formation humaine et religieuse. Les directeurs et les gestionnaires successifs durent déployer des trésors d’imagination pour utiliser de plus en plus rationnellement la place disponible :
-fermeture des progressive des dortoirs et définitive de l’internat en 2006,
-transformation des chambres des pères, des professeurs et de surveillants en salles de classe,
-spécialisation des salles par matière,
-aménagement des sous-sols (en self-service, puis en foyer, étude et aumônerie à Oullins), (en vestiaires EPS à Saint-Genis), et des dépendances en accueil, ateliers de Technologie, laboratoires, salles de sports,
-aménagement d’une partie des combles à St Genis (1979), et d’une salle polyvalente (1996),
-réalisation à Oullins d’un magnifique terrain de sport à la place du verger, du potager, des poulaillers et de la porcherie en 1970. Quand cela ne suffit pas des constructions nouvelles sont entreprises :
-le bâtiment Rambaud réalisé en 1963 (préau, salle des professeurs, bureaux, au rez-de-chaussée ; salle des sports et foyer d’élèves au premier étage), réhabilité en 1988 (CDI et salle Informatique au rez-de-chaussée ; cinq laboratoires de SVT et une classe au premier étage),
-surélévation du Pavillon des Sœurs pour la création de l’infirmerie en 1967,
-installation de deux préfabriqués (1970 et 1972) à Oullins, démontés en 1988 ; l’un fut transféré à St Genis et détruit par un incendie en 2004,
-construction de la tour à l’ouest du bâtiment Captier : sanitaires et escaliers en 1971, à Oullins,
-construction du bâtiment Lacordaire en 1988-1989 (architecte F.Brachet), à Oullins : restauration et salle polyvalente au rez-de-chaussée ; salles de sports, vestiaires et salles de classes au premier étage qui est contigu au terrain de sports,
-construction du bâtiment Saint-Dominique à Mornant (architecte Ch.Valdenaire), en 2003 -2005 béni et inauguré par le Cardinal Ph.Barbarin : restauration, préau, accueil, bureaux, salles des professeurs et salle de permanence au rez-de-chaussée, sanitaires; classes et laboratoires, sanitaires, escaliers, ascenseur, au premier étage ; classes et ateliers de technologie, sanitaires, escaliers, ascenseur, au deuxième étage. Si les effectifs augmentent, la surface de la propriété d’Oullins ne cesse de diminuer, passant de huit hectares à cinq hectares entre 1941 et 1991 :
-au sud, pour l’agrandissement du cimetière d’Oullins en 1941,
-à l’est, pour l’élargissement de la rue du Perron et la démolition des bâtiments qui la bordaient en deux tranches (1962 et 1991),
-à l’ouest, pour la réalisation des immeubles de Montmein en 1964, cession de la partie haute du parc et de Mont Thomas. Par réemploi de l’indemnité versée pour l’élargissement de la rue du Perron, l’association immobilière Saint-Thomas d’Aquin a acquis le terrain longeant le collège de Mornant en 1992 où se trouve aujourd’hui le bâtiment Saint - Dominique. En 2001, à l’aide d’un emprunt, l’association immobilière a racheté aux Sœurs de la Sainte Famille la propriété sur laquelle est implanté le collège de Mornant. Parmi les changements notables qu’a connus notre maison, ces dernières décennies, il convient d’évoquer celui de la présence dominicaine. De 1853 à 1980, résidait à Saint-Thomas une communauté d’une dizaine de Pères dominicains. Ils se partageaient les diverses responsabilités de la maison. En 1980, la province dominicaine de Lyon dissout la communauté des Pères qui comptaient trois Pères à la retraite, les Pères Journaud, Eon et Catherine, et le Père Rambaud, directeur. Elle transmet la tutelle religieuse de l’établissement au diocèse de Lyon. En 1985, en accord avec le diocèse, le P.Rambaud remet la direction du collège et du lycée à Ph.Blanc, ancien élève et ancien professeur de Saint-Thomas. Les sœurs dominicaines de Veritas, installées à St Genis-Laval, prennent une à une leur retraite. Pour autant les liens avec la famille dominicaine ne sont pas coupés. Un frère dominicain, le Père Anis Hanna, du couvent du Saint-Nom-de-Jésus de Lyon anime avec bonheur l’aumônerie des lycées d’Oullins et de Mornant du lundi au vendredi. Certains frères interviennent ponctuellement. Le voyage d’intégration des secondes aux sources de notre maison (Toulouse, Albi, Sorèze, Carcassonne, Prouilhe, Fanjeaux), la fête de Saint-Thomas d’Aquin, célébrée le 28 janvier, la participation chaque année, début octobre, des lycéens, de plus en plus nombreux, au pèlerinage du Rosaire organisé par les dominicains sont autant d’actions éducatives qui font entrer élèves, professeurs, responsables dans l’esprit de St Dominique. Notre établissement est membre de l’Association Educative Dominicaine fondée en 1990. Cette dernière regroupe les établissements scolaires sous tutelle dominicaine et des établissements associés. Un colloque tous les deux ans, une session de formation, permettent aux responsables des établissements scolaires de se ressourcer au charisme éducatif de Saint-Dominique : chercher et servir la vérité dans un esprit de liberté responsable, manifester la miséricorde du Père dans un climat évangélique aux hommes d’aujourd’hui.

Enfin avec l’appui des nombreuses associations œuvrant dans et au service de l’établissement (Anciens Elèves, Association Immobilière, Association Familiale, Apel, Amis de la Chapelle), les responsables, les professeurs et éducateurs, le personnel dont certains sont d’anciens élèves, poursuivent avec talent et dévouement l’œuvre éducative de leurs prédécesseurs dans le même esprit qu’illustre bien la devise donnée à notre maison par le Père Lacordaire qui reste ô combien actuelle : « Esto Vir ».